Pourquoi le testicule gauche plus bas ?

Qu'ils soient de droite ou de gauche, droitiers ou gauchers, pourquoi les hommes ont-ils le testicule gauche plus bas que le droit? Épineuse question !!!

Voici ce que la médecine, l’embryologie plus exactement, m’a appris :

Pour le médecin, le créateur, peu importe qui il est, a du génie, mais parfois il commet des bizarreries dans sa conception des choses. Vrai Il est que la science tarde souvent à trouver une explication à certaines choses qui lui semblent aberrantes dans le système divin et qui ne le sont pas. Mais, une fois l’explication trouvée, la science se ravise et finit par s’en excuser auprès de lui. D’autres fois elle nous confirme tout simplement que certaines gaucheries sont bel et bien commises par le concepteur, ou du moins, elle nous dit : il aurait pu faire plus simple ou autrement…

L’anatomie comparée, une discipline très fascinante mais traumatisante pour les étudiants en médecine, nous explique très bien l’évolution des systèmes et organes en partant de l’animal le plus rudimentaire appelé Amphioxus jusqu’à l’homme qui possède, dans l’ensemble, le système le plus élaboré. J’ai dit dans l’ensemble car il sera offensant de vous apprendre que l’ouïe d’un chien ou l’acuité visuelle d’un faucon shaheen sont plus perfectionnées que celles de l’homme.

J’admets donc le processus de l’évolution et le principe de l’évolutivité. Mais pourquoi s’esquinter, une fois arrivé à l’ordre des mammifères surtout, à vouloir extérioriser l’appareil génital alors qu’il est resté bien enfouis, fonctionnait et fonctionne toujours très bien chez leurs prédécesseurs. Certains mammifères comme la baleine ou le kangourou sont un peu ambigus sur ce plan là et sont restés entre-deux.

Donc le Dieu a décidé que les organes génitaux mâles chez les mammifères doivent s’extérioriser et la science nous apprends que les spermatozoïdes n’aiment pas la chaleur ; ils ne supportent pas les 37° du corps humain par exemple, ils survivent mieux à 35° dans la chambre externe qu’est le testicule. Mais pourquoi compliquer ainsi les choses ? C’est là la question et c’est la volonté et surtout l’aberration de Dieu créateur dont je parlais.

Soit ! Ne perdons pas le nord et n’offensons pas Dieu ; revenons à nos testicules et reprenons leur acheminement dans ce boudin qu’est l’embryon. Boudin qui est au départ fort ressemblant, chez toutes les espèces, à notre Amphioxus évoqué plus haut et qui n’est qu’un flasque étui à cigare.

Au bout de ce boudin, qui voit une de ses extrémités enfler pour devenir la tête, poussent, comme des racines, les jambes et à mi-hauteur les bras. Puis, à l’intérieur, les différents organes commencent à prendre place. Le cœur se développe à gauche écrasant le poumon gauche jusqu’à presque anéantir un de ses trois lobes. Il refoule ensuite le diaphragme gauche vers le bas, qui culbute estomac et côlon qui eux pressent le testicule gauche jusqu’à l’expulser de l’abdomen. Le droit finit par le rejoindre, retardé par le fait que la poussée des organes droits de l’abdomen est moins forte.

Quelle aberration !! Cet abdomen mâle incapable de contenir deux si petites boulettes comparées au reste. Celui de la femelle arrive bien à contenir les ovaires et la matrice ?? Mais il est vrai que les spermatozoïdes aiment la fraicheur.

Donc, en résumé, si le testicule gauche se trouve plus bas que le droit c’est parce qu’il a été plus fortement catapulté, c’est une question de cœur et c’est l’embryologie qui nous le dit…

Pour moi cette explication n’est pas crédible, car un de mes copains a réussi brillamment chez le professeur que je nommerai Madeleine en répondant ce qui suit à la question posée à ce sujet :

« C’est parce qu’il est plus lourd madame ».

Madeleine, vieille demoiselle, avait-elle apprécié tout simplement son humour, ou était-elle tout aussi simplement peu convaincue de la théorie qu’elle enseignait … Ou encore avait-elle omis de faire des statistiques sur le poids du testicule gauche, car s’il était plus pesant ne fussent que d’un gramme, cela suffirait pour faire pencher la balance…

La théorie du « TAC- TAC » que je prône me semble plus probante. Elle découle de la théorie Darwinienne de l’évolutivité. Cette théorie, qui a certes ses faiblesses, nous apprend que c’est le besoin qui crée l’organe et c’est la fonction qui le maintien et développe. Je m’explique :

Nous serions tous resté des Amphioxus vivant à 7000 mètres dans les fonds marins, si les océans étaient immuables et qu’ils contenaient assez de nourritures à ces profondeurs-là. Le contraire étant, l’Amphioxus a dû évoluer et se faire développer des nageoires pour chercher la nourriture plus loin. Puis, le poisson a manqué à son tour de nourriture, il a fait transformer ses nageoires en ailes ou en pieds et mains pour chercher la nourriture sur la terre ferme une fois les océans rétractés. Puis eut l’homme !!!

Quadrupède au début, Sapiens ensuite, il a remarqué que les rongeurs qui l’on précédé sur cette terre ferme se dressaient sur leurs pattes arrière, explorant ainsi plus facilement l’horizon (danger et nourriture). Et d’un coup, étant toujours un peu singe, il les a imité et adopté cette posture devenant ainsi l’Homo Erectus. Ce fut le début des ennuis…

Quadrupède, il courait à l’aise, son battant de cloche à deux boules pendues aux cordons (d’où le TAC-TAC) ne posait pas de problèmes. Les mouvements étaient pendulaire d’avant en arrière et l’inverse, pas de choc inter- boulaire donc. Une fois Erectus, bonjour les chocs dans le creux des cuisses !! Il devait alors les tenir avec les mains. Mais rapidement il s’est trouvé chasseur et, tenant son javelot de la main droite, il ne pouvait plus consacrer à ses boules que sa main gauche, tirant ainsi davantage sur le testicule du même côté qui finit à la longue par se trouver plus bas. N’étant plus à la même hauteur les chocs sont devenus minimes. La nécessité (pilier de la théorie de Darwin) crée mais surtout, maintient et améliore la fonction de l’organe.

Il a fallu des millénaires pour qu’on invente la culotte qui a résolu le problème. Comme il a fallu des millénaires supplémentaires pour inventer le soutien-gorge et éviter aux femmes des supplices du même ordre. Les Amazones se tranchaient le sein droit pour tirer plus facilement à l’arc et parfois les deux pour mieux galoper.

Il est vrai que l’évolution nous a poussés à sortir des océans pour trouver à manger et que nous avons eu besoin d’adapter nos organes de reproduction au climat sec, gardant ainsi les spermatozoïdes à l’humidité interne et nous munir d’un ustensile pour les transmettre à notre femelle, car l’air ne permet pas de les acheminer comme fait l’eau avec ceux des poissons. Mais pourquoi avoir compliqué les choses en exilant les testicules à l’extérieur sous prétexte que les spermatozoïdes ne supporteraient pas la chaleur ? Alors qu’on aurait pu les prévoir thermorésistant, garder nos couilles au chaud et ne laisser que notre baguette, qui a besoin de grandir et de grossir pour accomplir sa mission, à l’extérieur…

Dieu seul sait pourquoi diront certains !!!

Le comble dans cette histoire de testicules en villégiature c’est qu’il a fallu les années soixante pour se rendre compte de la frilosité du spermatozoïde face à la chaleur et ce grâce aux italiens.

Pourquoi les italiens ?

Les italiens qui me liront diront c’est normal, nous sommes les plus intelligents, Berlusconi en premier. Mais non, ce n’est pas ça… Que mes lecteurs italiens me pardonnent, je ne cherche pas à mettre leur intelligence en doute mais je les mets bien en cause dans cette découverte.

La période machiste était à son plus fort dans ces années-là et, chose curieuse, la fertilité des hommes occidentaux diminuait et le taux d’infertilité le plus élevé frappait les italiens ???

À cette période, alors que les femmes s’exhibaient seins nus sur les plages, les hommes eux avaient opté pour le port des culottes et pantalons serrant et moulant, permettant de deviner leurs attributs apolliniens pour impressionner les femmes. Le phénomène était plus largement répondu en Italie.


Les scientifiques se sont penchés sur la question et le rapport a été vite établi entre l’accoutrement et la constatation. La chaleur excessive engendrée par l’emprisonnement et le plaquage des testicules contre le corps était suspecté, et la preuve n’a pas tardé à être établie par les scientifiques qui se sont amusés à faire frire ou ébouillanter les spermatozoïdes en laboratoires.
Est-ce-que ma théorie du TAC –TAC soutenue par Denise sur ma page Facebook vous semble crédible ???

Non, j’ai seulement cherché à vous faire voyager dans les méandres de la science d’une façon originale. Ça fait des millénaires que les hommes portent la culotte, leur testicule gauche n’est pas remonté d’un millimètre. Et les gauchers ont toujours existé, comme les droitiers ils ont le testicule gauche plus bas, pas le droit.

Désolé Denise, c’est une histoire de cœur…

Je regrette que Madeleine soit morte et qu’elle n’ait pu lire cet article. Je lui pardonne de m’avoir mofflé en première session alors que j’étais dix fois plus méritant que mon copain qu’elle a laissé réussir. Pourtant j’avais bien répondu que c’était une histoire du cœur et de poids sauf que je ne connaissais plus le comment. Il me fallait bien improviser et j’avais dit que l’homme, à cause du poids de son cœur, penchait à gauche et forcément son testicule gauche ne pouvait que se trouver plus bas. Elle m’avait répondu : Si je vous comprends bien tous les hommes seraient scoliotiques ???
J’ai compris la réflexion de Madeleine en quatrième année quand j’ai appris ce que c’était la scoliose, J’en ai rigolé à retardement en me rassurant sur mon intelligence. Somme-toute ma réponse et celle de mon copain étaient fort proches, mais Madeleine ne les voyait pas du même œil, certainement que ses yeux louchaient vers le bas…

i !!!, la vie est ainsi, votre réussite ne dépend pas de votre cerveau mais de celui qui vous interroge et l’expression : « deux poids, deux mesures » trouve dans mon récit une belle illustration.

Moralté: Hommes occidentaux! Vous devez porter la djellaba.

Tanagra.be



Docteur Maboul

Enfant, nous avons tous rêvé d’un métier quelconque. Si le palmarès des métiers convoités revient à ceux à sirènes tel pompier ou policier, pour la plupart, jouer au docteur piquouse n'était certainement pas moins attrayant.

Me concernant, le rêve a fait place à la réalité et, devenu toubib, faire les piqûres n’avait plus pour moi son charme d’antan car, théoriquement du moins, on n’utilise plus les mêmes ustensiles…
Sans porter jugement sur quiconque ou qui que ce soit, je vous rapporte cette histoire avec la plus grande honnêteté intellectuelle du scribouillard que je suis…
Le monde étant ce qu’il est, ce qui fait d’ailleurs son charme et nos diversités légitimes à tout chacun, je vous demande de ne pas se méprendre sur ces mots que j’écris, je ne suis qu’un narrateur.
Je soignais donc une dame qui a élu domicile au premier étage d’un immeuble dont le propriétaire, coiffeur, occupait le rez de chaussée. Gay, il était d’un charme extraordinaire et, s’il n’y avait pas ses manières qui dissuadaient brutalement les filles, beaucoup d’entre-elles seraient tombées inconditionnellement amoureuses de lui.


Ma patiente servait d’intermédiaire, me demandant parfois de prévoir un peu de mon temps pour ausculter son coiffeur à ma prochaine visite. Je devais alors passer plutôt que mon heure habituelle, ce qui coïncidait avec l’heure de fermeture de son salon.

Un jour, et à mon grand étonnement, elle me demanda de le voir plus tard après ma visite chez elle. Elle précisait aussi, avec un air taquin, que je devais aller le retrouver dans un café tenu par son petit ami dans le quartier Saint Denis tout proche.

J’étais jeune et pas trop vilain garçon et j’ai fait parfois l’objet d’avances à peine discrètes de certains voisins d’étage à la cité universitaire où je résidais. La demande de ce coiffeur commençait à me turlupiner et je ne pouvais pas m’empêcher de me souvenir de mes voisins d’études et d’imaginer des scénarios rocambolesques. Quelle coïncidence ce quartier avec celui du même nom à Paris ou dans d’autres métropoles ! Si Luc passait pour le Saint-patron des médecins et Rosalie pour celle des malades, j’ai pris pour certitude que Denis ou Denise sont ceux des Homos et des péripatéticiennes.
Après m’avoir dit (en italique): Je vous présente mon petit ami, il enchaîna avec davantage de tendresse : La visite aujourd’hui n’est pas pour moi, je vous demande d’aller examiner une amie en insistant sur le « e » muet et de dire en terminant par un rire mignon: C’est un jeu de mot, vous me comprenez n’est-ce pas…


Il m’accompagna dans la rue une cinquante de mètres pendant lesquelles je me trouvais relativement rassuré. L’apaisement fut de courte durée pour se dissiper quand il m’eut montré l’endroit où je devais me rendre. C’était un établissement de Pipe show où on avait le choix de visualiser des films pornos ou de voir en live des stripteaseuses à travers une vitrine. Il s’excusa de ne pas m’accompagner plus loin, précisant qu’il répugnait à ce genre d’endroit, puis me dit le nom de la fille.


Je ne pouvais rien deviner ni soupçonner à travers la porte en verre sablé et à peine je l’avais poussée que je me heurtais à la marée masculine qui se trouvait dans le sas. La foule ne pouvait pas apercevoir ma mallette de toubib, souvent reconnaissable, et me laisser passer. Plutôt le contraire, je récoltai les insultes de plusieurs abrutis qui m’accusaient de vouloir dépasser tout le monde. Je ne comprenais pas la majorité de leurs injures, je ne les avais jamais entendues avant. Je me résignai à sortir mon stéthoscope et l’agiter, espérant me frayer un petit chemin. Autant dire que la traversée m’était plus pénible que celle des grands paquebots dans le détroit d’Ormuz en marée basse. Quelques voix s’élevaient tout de même pour dire que j’étais médecin et qu’il fallait me laisser passer. La porte des coulisses me fut montrée par le guichetier auprès duquel je m’enquis de Pénélope et qui, au début, m’engueulait car je trainais trop à son goût pour choisir ma préférée.

Une fois dans l’antre, un gorille en tournée d’inspection me prit par l’épaule, il devait être plus intelligent que tout ce qui voltigeait dans le périmètre. En effet il s’apprêtait à m’arranger la tête au carré, me prenant certainement pour un voyeur qui s’était glissé dans les coulisses à l’insu du guichetier. Il se ravisa rapidement en voyant ma mallette. Je dis être le médecin pour Pénélope, sur ce il m’indiqua une porte en disant : elle est là, et s’éclipsa rapidement.

Poli, je pris la peine de toquer et j’entrai sans entendre réponse, croyant que la souffrante était dans un piteux état pour pouvoir me répondre.
La pièce où je me trouvais étincelait de tout le spectre fluo de l’arc en ciel. Le stroboscope m’aveuglait m’obligeant à me pincer les paupières et j’avais en plus tourné le dos pour fermer délicatement la porte. Je ne me rendais donc pas compte que j’étais sur le plateau d’exhibition. Pénélope, accrochée au pilier érigé au centre du plateau rond qui tournait, sexe et seins collés à l’axe, effectuait des mouvements de glissade et de frottement rythmés par la musique de « tu vas et tu viens » de Serge Gainsbourg.


J’avais l’ivresse de quelqu’un qui venait de recevoir un coup de massue sur le bulbe, il me fallut certainement une minute pour me rendre compte de la situation malgré les injonctions de Pénélope qui faisait semblant de chanter en play-back et qui, une fois amenée par le tourniquet face à moi, me criait : sortez d’ici imbécile vous ne voyez pas que vous êtes sur la scène…et de reprendre son rythme de Jane Birkin une fois ramenée par le rotor face au public.

Je finis par comprendre la méprise, je ne savais pas comment débarrasser le plancher ni trouver la porte de sortie car, de l’intérieur, elle était décorée par des miroirs comme le restant des parois de la scène. J’aperçus pour finir la poignée ronde et discrète de la porte, je filai en rasant le sol comme un chacal surpris dans la basse-cour par le maître des lieux …

Trempé de sueurs froides, j’aperçus par l’entrebâillement d’une porte au fond une lumière, je l’ouvris un peu plus… Oh non ! On ne va pas recommencer…
Cinq ou six filles ambassadrices de tous les continents étaient étalées l’une plus nue que l’autre sur un sofa rond de cinq mètres de diamètre. Décidément tout était rond dans cet endroit. L’ambiance était joyeuse et tout faisait croire qu’elles étaient heureuses et comblées. L’une se manucurait les orteils, l’autre les doigts et les restantes se câlinaient et se coiffaient mutuellement. Elles attendaient dans les coulisses qu’un fan ou l’autre les réclame.

Celle qui, de l’avoir entendu, s’appelait Jessica bondit du sofa en souffletant sur ses ongles pour en sécher le vernis et vint m’entrelacer en collant ses seins à ma poitrine. Elle me dit : C’est moi que tu cherches chéri ??? Non je cherche Pénélope… Oh ! Oh ! Monsieur a du goût, elle m’abandonna vexée et furieuse.

Je finis par me présenter et d’un coup, comme une meute de tigrons surpris par une lionne en l’absence de leur mère à la chasse, elles avaient bondi se précipitant vers moi pour me montrer les endroits qui les faisaient souffrir, ils étaient tous stratégiques et pas un le même…


Je demandai qu’elles se calment disant que le patron risquait de ne pas apprécier l’addition et attendis sagement que Pénélope finisse son tour de carrousel. Elle avait au pubis un bouton dû à l’épilation petit comme la tête d’une épingle, justifiant bien sûr le recours à mes soins à vingt heures le six janvier.


Je ne raconte pas cette histoire uniquement pour l’érotisme qu’elle recèle, mais pour la suite une fois rentré chez moi où ma famille m’attendait pour partager la galette de l’Epiphanie.
Attablés à la cuisine, mes deux fils s’impatientaient de me voir rentrer. Ils avaient hâte d’entamer la galette et gagner la fève et ma femme désespérait de me voir arriver pour sévir.
Je fis récit de mon aventure et, à mon grand étonnement, mon histoire avait l’air de provoquer un effet plus calmant que celui de mes brimades auprès de mes deux fils qui n’arrêtaient pas au désespoir de leur mère de se disputer la couronne méchamment.


Subjugué, mon cadet de six ans s’en alla dire : Pa ! Tout compte fait je crois que je veux faire médecin généraliste, pompier ne me dit plus rien...


Ma femme, qui a reçu la fève pour la première fois de notre vie commune l’avait avalée en s’étouffant…


Tanagra.be

Madame D

C’était une charmante personne qui pouvait encore plaire malgré un certain âge, à condition de ne pas regarder son visage qui s’est laissé aller en triple menton ou son ventre et ses fesses dont les tabliers se querellaient à la taille.


Par je ne sais quel paradoxe ses jambes et ses deux collines du nord étaient épargnées, faisant regretter qu’elles soient ainsi perdues dans cet impitoyable paysage dévasté par le poids des années.
Elle était certainement une belle femme et n’hésitait pas à le répéter. Elle se targuait même qu’elle avait, à l’époque de sa jeunesse, fait tourner la tête à plus d’un.

J’étais son médecin de famille, elle m’adorait et je l’aimais. Elle me racontait toutes les histoires de ses copines qui venaient régulièrement se réunir autour d’une tasse de thé dans l’arrière-boutique de prêt-à-porter pour les femmes d'un certain âge et poids qu’elle tenait. Elle connaissait aussi la plupart des hommes qui avaient pignon sur rue. Autant dire que je n’avais nul besoin d’acheter les gazettes sulfureuses dédiées aux rues du brouillard pour connaitre les secrets intimes du beau monde.


Evidemment, comme on dit vulgairement, pas une de ses histoires ne se situait au-dessus de la ceinture… Et à entendre (chouchoyer) l’espagnole Carmen, affreusement gâtée par l’âge, je ne pouvais pas me contenir de rire quand Madame D me raconte qu’elle palpait les testicules de José son mari à chaque fois qu’il rentrait de son café situé au coin d’une rue du quartier des bordelles où il jouait aux cartes avec ses camarades. Elle présumait de sa fidélité à la turgescence de ses boulettes…

Je devais de temps en temps mettre une limite aux extravagances de Madame D en cessant de blaguer et jouer au toubib sérieux.

Un jour que j’auscultais sa poitrine, intrigué par un petit bruit inhabituel, je baladais un peu trop mon stéthoscope sur ses courbes. Le salon où nous nous trouvions était plongé dans une pénombre qui laissait difficilement distinguer sa silhouette et ses formes, me faisant trébucher sur certains obstacles.

Sentant ma gaucherie et ma « trainaillerie » elle s’est écriée me disant : voulez-vous que je mette un peu de lumière ?

J’ai dit : cela m’aiderait certainement à mieux voir mais pas à mieux entendre…

J’ai essayé, sans y parvenir, d'esquiver une tapette câline qu’elle me donna sur le bras en me traitant de vicieux !!!!


Tanagra.be




Gigi

Elle s’appelle Gigi, c’est une de nos amies. Vous l’avez deviné, elle est italienne et napolitaine pour ne rien gâcher…

D’être italienne elle trouvait d’un normal qu’elle soit jalouse et disait préférer se marier à un belge qui n’oserait pas la tromper vu son tempérament explosif.

Etouffé, son mari avait fini par troquer sa frite contre des farfalles sans pour autant se résigner à aimer Italie ou italiens. Brave! Il l'est, mais pas d’être belge… Sa bonhomie fait de lui un homme taiseux, serviable et sans rancune, sauf quand il se rend chez ses cousins ardennais pour discuter de ses droits successoraux sur une tombe dont la concession fut acquise par un feu cousin parti sans laisser d’héritiers directs. Il devenait alors aussi éloquent que Cicéron et plus ardent que le Vésuve qu’il ne connait que du nom.

Voici quelques années, Gigi est venue nous rendre visite avec sa deuxième moitié. J’avais terminé d’écrire mon poème « Il est une Femme » sur un grand parchemin et m’afférais à l’accrocher sur un mur du salon à son arrivée.


Il est une femme
Pour qui
Je croquerais,
Excuses Ève,
Mille pommes ;
Une femme qui,
Pour allumer
Sa cigarette,
Pardon Néron,
J’embraserais Naples…
Puis Rome.

À la lecture du poème elle s’est mise en rage envers son mari, à tel point que je me suis vu la cause d’un désastre conjugal qui allait se conclure séance tenante par un divorce.

Gigi s’en alla dire au pauvre ardennais qui n’avait de sensible du cuir que celui de son portefeuille et qui s’enfonçait sous ses foudres dans le velours du fauteuil :

« Ça c’est un homme, il a la gentillesse et la courtoisie d’avouer son amour à l’Italie et même d’embrasser Naples alors qu’il est marié à une belge de Saint Hubert. Et toi ! Qui est avec une napolitaine depuis quarante ans, tu ne m’a jamais rien dit de tel ».

J’étais dans mes petits souliers; temps m'a fallu pour comprendre qu’elle avait lu embrasser au lieu d’embraser et prononçait le mot en sorte qu’on aurait pu embarrasser comprendre.

Je me suis alors résolu à lui expliquer mon poème et, tant bien que mal, elle avait fini par comprendre.

L’air déçue, elle m’a dit : brûle toute l’Italie tant que tu y es !

Et à moi de lui répondre : C’est ce que j’ai dit, tu n’as pas vu les trois points après Naples ?

Puis tu ne fumes pas, comment veux-tu qu’on ait l’idée de te dire pareilles belles choses ?

Je ne fume pas! C’est vrai ... Mais il va voir, avec toutes les pommes qu’on a dans le verger, ce n’est plus de la compote que je ferais…

Il n’était pas congru de lui parler de la valse « Nervalienne » sur laquelle j’ai fait danser ce poème….

Tanagra.be